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10e édition du défilé

Happy birthday Mister Défilé !

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SEPT.

Entretien avec Guy Darmet

Fondateur de la Maison de la Danse, de la Biennale de la danse et du Défilé

 

Le premier Défilé, une riche idée ?
Guy Darmet
Elle m’est venue évidemment du Brésil, en particulier de la fréquentation des écoles de samba. Ces lieux où l’on répète sont aussi des lieux de rassemblement et de brassage de classes sociales et j’ai aimé cette atmosphère où tous les gens réunis ont un objectif commun. J’ai fait le lien avec notre environnement européen, dans nos villes où nous avons du mal à connaître nos voisins, et j’ai eu envie de faire naître la même chose ici. L’idée a germé de travailler avec les quartiers, et surtout les structures comme les MJC, les centres sociaux, les centres culturels. Et de faire venir tous ces gens au coeur de la ville, rue de la République. Mais il faut savoir qu’il y avait eu des précédents, en quelque sorte. En 1988 notamment, l’année de la Biennale sur la danse française, on avait organisé une pégoulade dans les rues de Lyon, avec bergers, moutons et danses provençales. En 1992 et 1994 également, dans le Vieux-Lyon, la danse se montrait dans l’espace public. Je me souviens d’une danseuse de frevo qui grelottait devant l’église Saint-Georges et d’un fameux moment de capoeira place du Change, en 1994. Ce qui a facilité les choses aussi, c’est le thème du Brésil de la Biennale 1996. Et la venue des ballets de Bahia, du Maracatu de Pernambouc et d’une école de samba, Imperatriz, 120 personnes qui ouvraient le Défilé.

 

Des souvenirs ?
G.D.
Sans doute le plus beau de ma carrière, quand je suis arrivé devant l’Opéra et que j’ai vu la rue de la Ré noire de monde. Et puis cette phrase entendue au village d’arrivée : « C’est quand qu’on recommence ? » Mais l’émotion a submergé la mémoire.

 

Avec le recul, quel regard portez-vous sur cette aventure ?
G.D.
Je suis très heureux pour toute l’humanité qu’elle contient. Le Défilé, ce sont des aventures humaines, des mariages, des enfants, des solitudes brisées. Je garde gravée l’image de ce vieux harki qui venait aux répétitions, plié en deux et qui était droit comme un I le jour du Défilé. Je pense également que le Défilé a été une immense chance pour la Biennale, ça l’a placée ailleurs, sur un autre terrain que les autres festivals, en faisant naître du désir. En défendant l’idée que la danse n’était pas réservée à une élite et cloisonnée. Mon bonheur est d’avoir participé à ce décloisonnement.

Denis Plassard

Denis Plassard

Chorégraphe, Cie Propos

« Je me souviens du premier Défilé : quand on est arrivés au début de la rue et qu’on a vu tout ce monde, on a tous fait « Waouh !!! », on s’est tous pris une grosse claque. Je me souviens aussi d’une anecdote, une mamie complètement hallucinée qui m’a dit en arrivant « Mais qu’est-ce qu’on va faire maintenant, après ça ? » Parce que ça rythme la vie des gens, ça provoque des rencontres, des émotions, un enthousiasme délirant et après c’est comme un gros vide. Mais je suis toujours impressionné quand on arrive sur la ligne de départ, c’est une sensation unique qu’on ne vit pas tous les matins… C’est une incroyable aventure humaine, et j’aime travailler avec les amateurs. Cette année encore, il y a un projet commun avec 400 Turinois et 400 Lyonnais, et une forme différente, avec des marionnettes créées par Émilie Valantin. Ce sont les marionnettes qui vont danser, animées par les participants. »

Kader Attou

Kader Attou

Chorégraphe, Directeur du CCN de La Rochelle / Cie Accrorap

« Le Défilé en 1996 : un moment extraordinaire dont je garde des souvenirs fabuleux. Un carnaval est toujours un moment exceptionnel pour ceux qui sont en danse tout comme ceux qui n’y sont pas, il y a une communion. Ça génère et ça fait se rencontrer des gens autour d’un élan commun. À Lyon, ce qui est incroyable, c’est que la ville ne résonne plus que pour ça ce jour-là. Il en fait partie, il est ancré dans la ville. Malgré les courbatures et un affreux mal aux jambes tellement j’avais dansé et sauté partout pendant tout le temps du Défilé, je garde en mémoire des sourires, des regards, des instants. Les gens étaient heureux, nous étions heureux de procurer du plaisir en se faisant plaisir. »